Zizi Jeanmaire : Et le souvenir que je garde au cœur

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[ LIVRE ]

Les mémoires de Zizi Jeanmaire, grande dame de la scène française : l’Opéra de Paris, Hollywood, Broadway, le Casino de Paris et les ballets de Roland Petit.

Description

About

Zizi Jeanmaire : Et le souvenir que je garde au cœur

« Surtout ne la croyez pas capable de faire la pluie et le beau temps ! oh, non ! elle ne fait que le beau temps, c’est sa spécialité. »
– Louise de Vilmorin

« Elle a des jambes plus longues que son corps, des dents qui font trois fois le tour de sa bouche. Elle a une voix comme on n’en fait qu’à Paris. Cette sirène canaille est aussi une danseuse divine, une vraie force de la nature. »
– Boris Vian

« Sans elle, Paris ne serait pas Paris. »
– Louis Aragon

Avec sa joie de vivre, son « Truc en plumes » et sa voix canaille, Zizi Jeanmaire a fait vibrer plusieurs générations. Elle raconte ses souvenirs, de l’Opéra de Paris à Broadway, d’Hollywood à Marseille.

Une carrière de légende – Elle est tour à tour danseuse classique, star de cinéma, meneuse de revue, chanteuse, comédienne. Boris Vian, Serge Gainsbourg, Aragon, Barbara et Guy Béart composent pour elle. Le milliardaire Howard Hughes lui propose un contrat mirifique à Hollywood. Elle danse avec Noureev et Baryschnikov. Yves Saint Laurent dessine ses costumes pendant près de quarante ans, inspiré par sa présence unique.

Un couple unique – Zizi, c’est aussi une incroyable histoire d’amour avec Roland Petit, son ami d’enfance, dont elle a partagé la vie pendant plus de quarante ans. Il était son chorégraphe, elle était sa muse.

Les mémoires d’une grande dame. Un texte fort, d’une saveur et d’une sincérité immédiates.

Extraits

Ces messieurs de l’Opéra
«En 1933, lorsque j’ai été admise à l’Opéra de Paris, tout se passait encore comme au temps de Degas. Pendant les répétitions, les danseuses portaient
sous leur tutu des culottes bouffantes en coutil qui arrivaient sous le genou. L’Opéra avait ses « abonnés » – des messieurs fortunés qui entretenaient généreusement des danseuses, les logeaient dans des hôtels particuliers et les couvraient de bijoux et de fourrures. Parmi celles-ci se distinguait Suzanne Lorcia, une étoile qui avait séduit l’un des plus grands constructeurs automobiles du moment. Il était fou d’elle. Elle arrivait chaque jour à l’Opéra en Rolls. Les coulisses étaient imprégnées du N°5 de Chanel. Pendant le spectacle, on voyait « ces messieurs » installés au premier rang, côté jardin, le plus près possible de l’entrée du foyer vers lequel ils se précipitaient dès l’entracte. »

Comment je suis devenue Zizi
« Mes parents m’ont prénommé Renée. Enfant ma mère avait pris l’habitude de l’appeler « mon Jésus », que je transformais en « mon Zizi », ce
qui faisait rire tout le monde. Ce sobriquet fut adopté par mes amis intimes. Je grandis avec. Mais pour l’extérieur, sur les affiches, à l’Opéra, au théâtre, j’étais Renée. Jusqu’au jour où en 1952, après m’avoir engagé pour interpréter le rôle de la danseuse dans le film Hans Christian Andersen, Sam Goldwyn, le grand magnat d’Hollywood découvrit que l’on me surnommait « Zizi ». Il eût un coup de foudre pour ce surnom. Il fit inscrire d’autorité sur l’affiche « Zizi Jeanmaire ». C’était parti. »

Les élégantes sur la Cinquième Avenue.
« Dans les années cinquante les trottoirs de la Cinquième Avenue à New York et des Champs-Elysées à Paris étaient le rendez-vous et la parade des élégantes qui rivalisaient de beauté. C’était là qu’il fallait être vue, « sur son 31 ». Les femmes sortaient en tailleur de chez Fath ou de chez Givenchy, en vison de chez Lelong. C’était tellement courant que personne ne se retournait sur leur passage. J’ai ainsi paradé sur la Cinquième Avenue en tailleur noir et talons hauts, renard blanc autour du cou. Christian Dior venait d’ouvrir sa maison de couture. Il avait composé ma garde robe que j’ai mis un an à rembourser. J’avais une allure provocante. J’adorais que les hommes se retournent sur moi. Le plus exaltant était quand Roland me tenait par le bras, comme il sait si bien le faire. Les femmes adorent cela ! »

Roland Petit invite Rita Hayworth à danser…
«A Hollywood, on pouvait occuper toutes les soirées de l’année par des « parties » chez Georges Cukor, Katherine Hepburn, Yul Brunner, Elisabeth Taylor et ses yeux violets, Judy Garland, Gary Cooper, Marlon Brando… On se retrouvait aussi, mais plus rarement, chez Montgomery Clift qui dégageait une tristesse et un désarroi permanent. Un soir d’été, Roland et moi étions assis à la même table que Rita Hayworth, alors à l’apogée de sa gloire. Elle venait de tourner Gilda. Elle semblait un peu triste, à la droite de Roland, mais son visage s’éclaira lorsqu’il l’invita à danser. Rapidement, le superbe couple qu’ils formaient se déchaîna. Tout le monde, moi comprise, forma un cercle autour d’eux pour les admirer. J’étais déchirée entre la beauté de ce couple et la fureur de voir une artiste me voler la vedette auprès de Roland. »

La cour d’un milliardaire.
«Howard Hughes était aussi imprévisible et excentrique que le voulait sa légende. Il habitait partout et nulle part et dormait souvent dans sa voiture ou plutôt ses voitures, car il en changeait plusieurs fois par jours afin que personne ne sache où il se trouve. Nous déjeunions ensemble presque chaque jour. Il ne se nourrissait que de lait et de cookies mas il avait engagé à mon intention un cuisinier français. Il m’emmenait visiter ses puits de pétrole en avion, un biplan qu’il pilotait lui-même. Il avait fait fabriquer un casque spécial qui lui permettait de me parler pendant le vol. Nous survolions le désert. Il effectuait des loopings, ce que je n’appréciais pas. Au-dessus de Los Angeles, il disait toujours « N’est-ce pas le plus bel endroit du monde ? ». Il ne cessait de me questionner à propos de Roland. Il constatait avec dépit : « vous êtes vraiment très amoureuse ». Il arrivait parfois à trois heures du matin. Je le recevais quand même. Je me demande encore pourquoi. Mister Hugues avait un sacré charisme ! Son grand bonheur était le « make believe », le jeu des apparence. Son immense pouvoir financier lui permettait de jouer les don Juan ce qu’il n’était pas. Il était brisé physiquement, hypocondriaque et malheureux. Seules subsistaient ses exceptionnelles qualités intellectuelles. Il disparaissait parfois pendant plusieurs jours, puis son chauffeur venait me chercher pour me conduire sur un minuscule terrain d’aviation où il m’attendait. Tout heureux, il riait ».

Les caprices de Goldwyn
«Quel personnage que Sam Goldwyn ! C’était un malin aux yeux pétillants. Il était sensible à la qualité, avec un sens inné des affaires. Ses caprices de vieux lion généraient des dépenses folles. Son manque de culture donnait parfois lieu à des incidents cocasses. Roland avait fait enregistrer des morceaux de Liszt. Sam et les sommités du studio se réunirent pour écouter la bande son. Mais le technicien avait monté la bobine à l’envers, et c’est une musique totalement abstraite qui emplit la salle. Personne ne broncha, chacun attendant la sentence du dieu Goldwyn. Roland n’avait pas le temps d’expliquer l’erreur que Sam lui avait déjà sauté au cou : « Génial votre musicien ! Quel est son nom ? – Listz, mais il y a eu un problème… – Où est-il ? Je l’engage tout de suite ! »

La muse d’Yves Saint Laurent
«Yves Saint Laurent avait une grande rigueur. Il ne biaisait pas. En art, il faut détester les compromis. Il me voyait en reine de Paris, taillant pour moi un extraordinaire manteau à traîne lourde et sans fin, tout blanc, piqueté de rouge et de bleu, fait de plumes d’autruches travaillée de façon ancienne. Je lui inspirais des costumes fous, des chefs d’oeuvre dans les matières les plus rares. Avec sa toison ondulée, ses lunettes, son énorme cravate, son air étonné, son sourire lointain, il s’amusait des heures à placer des étoffes sur son corps, comme un général dispose ses bataillons sur un champ de bataille. »

Informations techniques

Auteur : Zizi Jeanmaire
Editeur : Les Arènes
Titre : Et le souvenir que je garde au coeur
Nombre de pages : 250 + 32 pages de cahier photos hors texte en couleurs
Format : 14 x 20,5 cm
ISBN : 978-2-35204-076-7
Code Sodis : 9496844
Date de sortie : 21 novembre 2008

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